Par Marie-Noëlle Hervé – Photos Jean-Paul Calvet et Philippe Forestier
LOIN DE L’EFFERVESCENCE BROUILLONNE DE NAPLES, Capri a su préserver intacte sa nature sauvage dont la flore est l’un des plus beaux ornements. Elle offre le plaisir toujours renouvelé de longues promenades en solitaire hors des sentiers battus.

Face à la baie de Naples

Dressée à l’entrée de son golfe, Capri, gros caillou de dix kilomètres carrés détaché de la péninsule sorrentine, regarde Naples. Depuis le 19ème siècle, l’île n’a cessé d’attirer les visiteurs étrangers séduits par sa beauté. Saisissant mariage de roches calcaires et d’une foisonnante végétation méditerranéenne, suspendues entre l’azur du ciel et de la mer. Terminus pour le flot de touristes qui débarquent quotidiennement en haute saison, par bateaux entiers dans l’île : le village de Marina Grande et sa délicieuse place Umberto I, surnommée la Piazetta. C’est le cœur de l’ancien bourg médiéval et salon de l’île, cerné par les terrasses de bistros massés autour de sa baroque église Santo Stefano et de la voisine via Camarelle. Boutiques et hôtels de luxe s’y concentrent. Sorti de ce forum où s’agglutine une foule bruyante, commence l’autre Capri, sillonnée de sentiers pédestres qui conduisent dans le cœur secret de l’île. En premier lieu, vers la romantique chartreuse San Giacomo (16ème siècle) qui s’ordonne autour de son immense cloître délabré. Et au-delà, après une bonne marche à travers un agreste paysage de vergers d’orangers et citronniers se mêlant à l’odorant fouillis de la garrigue, on atteint les imposantes ruines de la villa Jovis, accrochées à un vaste promontoire. Seule survivante des douze villas que l’empereur Tibère fit construire dans cette île où il se retira en l’an 27 av.JC.

Charme de la côte ou panorama d’en haut ?

L’île possède deux villages rivaux. Marina grande et Anacapri, la montagnarde, distantes de quatre kilomètres. Pour les relier, il n’existait autrefois qu’un seul vertigineux escalier de 500 marches taillées dans la roche par les Phéniciens. De nos jours, on y accède par une étroite route en lacets qui s’élève en frôlant les précipices. Anacapri est aussi paisible et échappée du monde que Marina Grande est touristique et effervescente. L’écrivain Curzio Malaparte ne s’y trompa pas en y construisant en 1938, à l’extrémité d’un cap inaccessible, sa villa, long vaisseau cubiste ocre rouge. C’est là aussi que plus tôt encore, en 1876, le médecin et auteur suédois Axel Munthe bâtit la villa San Michele et son jardin en mirador, juchés sur une hauteur d’où l’on aperçoit, à l’autre extrémité du golfe la lointaine île d’Ischia. Au centre du village, l’église baroque de San Michele recèle un trésor : un extraordinaire pavement de nef en majolique, exécuté à Naples en 1761, représentant Adam et Eve chassés du paradis. Hors saison, Capri est un rêve toujours recommencé.

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Tous les renseignements pour bien préparer votre séjour à Capri.

PRATIQUE

Se renseigner

Office national du tourisme italien : 23, rue la Paix, 75002 Paris.
Tél.: 01 42 66 03 96.
www.enit-france.com et sur www.capritourism.com 

S’y rendre

Vols directs Paris-Naples avec :

Principaux voyagistes

Ces voyagistes proposent des forfaits séjours à la carte ou en groupe organisé (voyage A/R Paris-Naples, hébergement et visites accompagnées)
Donatello 
tél. 0826 10 2005 et www.donatello.fr

Comptoir d’Italie
tél. : 01 53 10 21 45 et www.comptoir.fr

Autrement l’Italie
tél. : 01 44 41 69 95 et www.autrement-italie.fr

Nouvelles Frontières

tél. 085 00 07 47 www.nouvelles-frontieres.fr

Italiques
tél. 01 42 47 82 77 et www.italiquetours.com

Voyageurs du Monde 

tél. 01 42 86 17 30 et www.vdm.com

Sur place

On rejoint Capri par bateau ou hydroglisseur depuis Naples ou Sorrente. À l’arrivée, un funiculaire ou un taxi hisse les voyageurs jusqu’à la Piazetta de Marina Grande. Les bagages suivent par une navette jusqu’aux hôtels. La circulation automobile est interdite dans l’île. Un service de bus locaux transporte les visiteurs jusqu’à Anacapri.

Se loger

Un seul numéro : (33 1) 76 60 42 25, pour la réservation des hôtels à Capri.
Hôtel Quisisana, via Camarelle 2.
Le luxe d’un palace avec sol en marbre, tapis d’orient, meubles de style et boiseries pastel. Un faste discret qui se paie. 324€ la ch. dble. (fermé de nov. à mars)

Hôtel La Palma, via Vittorio Emmanuele 39.
Sans vue sur mer, une copie stylisée de villa mauresque, noyée dans les palmes. Gracieux décor blanc de salons tout en arcades et rotondes. Autour de 165€ la ch. dble

Hôtel Syrene, via Camarelle 51.
On y accède par un grand escalier envahi de chèvrefeuille. Ses balcons ouvrent sur le large en façade, à l’arrière sur un verger d’orangers. Chambres plaisantes mais mobilier disparate. À partir de 160€ la ch.dble

Se restaurer

La Campannina, via delle Botteghe 12, tél. 83 70 732.
Dans un jardin d’hiver sous une verrière envahie de fougères suspendues, l’une des meilleures étapes gastronomiques de Capri à des prix très raisonnables.

Faraglioni, via Camarelle 55, tél. 837 03 20.
Une auberge de renom aux couleurs de Capri, azur et blanc. Repas servis à l’ombre de lauriers roses sous une véranda. Goûteuses recettes de « pasta » et de produits de la mer.

À voir

Les Faraglioni
face au cap de Punta Tragara, ces quatre imposants chicots nus de calcaire sortant de la mer, sont l’une des figures emblématiques de Capri que l’on les aperçoit le mieux depuis le promontoire du parc en terrasses des jardins d’Auguste.

La Grotta Azura
cette grotte redécouverte en 1826, était déjà connue à l’époque romaine qui en avait fait le nymphée marin de la villa Gradola située juste au-dessus. Fissure dans la roche de 2 m de large et 1 m de haut : on y pénètre en barque mais en se courbant. La teinte bleutée de l’eau est due à un phénomène de réfraction de la lumière.

La Villa San Michele d’Axel Munthe 
est un curieux patchwork d’architecture et de styles, avec loggias et pergolas, meublée de meubles hétéroclites du XVIIIe siècle et de pièces antiques d’époque grecque et romaine. Au bout de son allée, l’ancienne porte d’accès à Anacapri et les dernières marches de la Scala Fenicia, l‘escalier Phénicien.