Par Marie-Noëlle Hervé – Photos Olivier Roques-Rogery
HUIT SIÈCLES D’HISTOIRE, PATRIE DES BEATLES, UNE ZONE PORTUAIRE INSCRITE AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO EN 2004, Liverpool a été élue capitale européenne de la culture en 2008. Une longue trajectoire pour une cité qui d’âge d’or en récessios est en route vers de nouvelles aventures.

Liverpool restera à jamais associée à la gloire de quatre enfants terribles, les Fab Four, alias les Beatles. Si ces derniers ont contribué à lui redonner de nouvelles lettres de noblesse, la vieille cité du nord-ouest de l’Angleterre qui s’allonge sur la rive septentrionale de l’estuaire de la rivière Mersey n’avait pas attendu leur arrivée pour s’enorgueillir de souvenirs de grandeur. Ce port qui prend l’air du large face à l’Irlande, a joué dans le passé un rôle phare dans la construction de l’Empire britannique. Fondé en 1207 par le roi Jean sans Terre, Liverpool commença à prospérer au 18è siècle grâce à son commerce triangulaire avec les Amériques. Mais c’est avec la révolution industrielle au 19è siècle que la ville connaît son plus grand essor. Quarante pour cent du commerce maritime mondial passe alors par son port, principal tremplin d’embarquement des émigrés vers le nouveau monde. De cette époque date l’agrandissement des docks et la construction de ses plus prestigieux édifices.
La prospérité se maintiendra jusqu’à la fin des années 1960, alors que montent au firmament ses nouvelles étoiles. Suivront les années noires de la récession. Cependant dès les années 90 Liverpool redresse la tête. En 1998 la prestigieuse Tate Gallery de Londres ouvre une annexe sur l’Albert dock restauré. C’est le début de la renaissance.

Aujourd’hui astiquée à neuf, la capitale de la musique pop, renommée pour sa célèbre équipe de football, a de nouveau le vent en poupe. Liverpool séduit par le charme de ses édifices qui s’alignent au pied de sa colline couronnée par deux cathédrales. L’une anglicane qui date de 1904, l’autre catholique, ultra moderne, aux allures de vaisseau spatial; par les magnifiques bâtiments de ses « trois grâces » : le Port of Liverpool building surmonté d’un dôme grandiose, le Cunard Building aux faux airs de palais renaissance, et l’élégant bâtiment art nouveau du Royal Liver Building aux tours jumelles coiffées d’un cormoran, l’oiseau emblématique de la cité ; ou encore par la cascade de coupoles en verre de la très victorienne Palm House et le splendide édifice néo-classique du St. George’s Hall.

Liverpool compte aussi de nombreux musées comme le Merseyside Maritime museum, les riches collections de peintures du Walker Art Gallery, ou le Beatles Story.
Il faut flâner sur les docks colonisés par pubs, clubs et boutiques et passage obligé se rendre au Cavern Club, au 10 Mathew Street où les Beatles débutèrent en 1961. Un temple vivant d’une renommée, devenue mythe.