
Gorges du Verdon : l’appel du Grand bleu
Un paradis naturel et aquatique
Perché
à plus de 700 mètres d’altitude, sur les crêtes du canyon le plus
profond d’Europe, on conçoit aisément l’émotion qui s’empara de
l’explorateur Edouard-Alfred Martel alors qu’il s’apprêtait à
conquérir, en 1905, les gorges du Verdon. Un siècle plus tard,
l’émerveillement reste intact. Imaginez un vertigineux couloir
d’escarpements au pied duquel serpente une rivière émeraude dont les
méandres s’étirent du Parc national du Mercantour jusqu’au confluent de
la Durance, 200 kilomètres plus bas. Un véritable paradis naturel où se
mêlent sans cesse influences provençales et paysages de montagne, entre
buis, cade et chêne vert. Les uns enfourcheront leur VTT à travers les
forêts, vogueront sur les eaux à bord de leur planche à voile ou
défieront les lois de l’apesanteur sous leurs parapentes multicolores.
Les autres descendront la paroi en rappel, s’élanceront sur les rapides
en rafting ou s’offriront un tour en pédalo sur le grand lac de
Sainte-Croix. D’autres, enfin, sillonneront les innombrables sentiers
balisés, animés de marmottes, de chamois ou de chevreuils et ponctués
de plantes endémiques tels que la Sabline du Verdon, la raiponce de
Villars et la Doradille de Jahandiez.
Un patrimoine haut en couleurs
Sur la douzaine de villages et cités de caractère recensés dans les Alpes-de-Haute-Provence, trois
jalonnent les rives du Verdon. Parmi eux, le bourg de Castellane situé
sur la fameuse Route Napoléon. Une fois passé l’entrée, il faut
déambuler le long des ruelles étroites et des façades polychromes avant
de s’élancer vers la chapelle Notre-Dame du Roc culminant à 903 mètres.
Haut lieu de pèlerinage, le site accueille la veillée aux flambeaux qui
déroule, le soir du 14 août, son ruban lumineux le long des remparts,
près de la Tour Pentagonale. Direction ensuite, le superbe village de
Moustiers-Sainte-Marie veillé par une étoile en or suspendue entre deux
pitons. Une tradition héritée de la légende du chevalier de Blacas qui,
prisonnier des Sarrazins, aurait fait vœu d’accrocher une chaîne près
de la chapelle s’il en réchappait… Depuis, la célèbre cité bâtie en
amphithéâtre cumule les distinctions comme celles de plus beau village
de France et de ville des métiers d’Art grâce, notamment, à sa
tradition ancestrale de la faïence. Non loin de là, Riez la Romaine
abrite d’étonnants vestiges architecturaux parmi lesquels les
fondations de la cathédrale primitive.
Sur les traces des hommes préhistoriques
Le pays du Verdon est également l’épicentre d’un patrimoine préhistorique des plus abondants. En
témoigne
la soixantaine de sites répertoriés aux abords de la rivière. Parmi
eux, la grotte de la Baume Bonne, près du village de Quinson, dont la
visite didactique conduira les visiteurs au cœur de l’imposant Musée de
Préhistoire, inauguré en 2001 et signé Norman Foster (concepteur du
viaduc de Millau). Un espace de 5000 mètres carrés déclinant outils,
poteries, ossements, parures et pierres taillées. Le tout enrichi de
panneaux didactiques, consoles interactives et reconstitutions en 3 D.
Eaux vives et sensations fortes
Canoë-kayak,
rafting, rando-aqua, ces activités aussi ludiques que sportives se
pratiquent dans les gorges du Verdon dès l’arrivée des beaux jours. Le
rafting est particulièrement agréable entre amis ou
en
famille et ne nécessite pas de véritable apprentissage puisqu’un
spécialiste embarque sur chaque raft. Il s’agit d’un gros canot
gonflable à bord duquel quatre à huit personnes peuvent prendre place.
Savoir nager est obligatoire et mieux vaut être en maillot de bain; on
enfile par-dessus un gilet de sauvetage. Le parcours emprunte d’étroits
passages au milieu des falaises abruptes : d’une beauté à couper le
souffle !
Moustiers-Sainte-Marie, capitale de la faïence
C’est
en 1679 que la poterie devint faïence et acquit à Moustiers ses lettres
de noblesse. Élégance des formes, intensité des couleurs et finesse du
décor, firent, grâce au savoir-faire des maîtres faïenciers des XVIIe
et XVIIIe siècles, le renom de Moustiers sur les tables princières de
toute l’Europe. Souvent à base de bleu profond, les décors
s’enrichissent avec le temps de teintes plus claires et plus vives et
les thèmes suivent les modes, au fil de l’histoire. Le Musée de la
Faïence présente quatre cents pièces permettant de voir ces évolutions
du XVIIe siècle à nos jours. Les 31 mai et 1er juin, Fête de la Cité de
la Faïence, Moustiers se costumera et les ateliers présenteront le
savoir-faire des potiers et des faïenciers.

