
Le Lot au fil de l’eau
La croisière lotoise commence à Cahors, sous les frondaisons, à quelques centaines de -mètres en aval du majestueux pont Valentré, un ouvrage fortifié qui fête cette année les 700 ans du début de sa construction. « Le Lot est la plus belle des rivières, mais c’est aussi la plus difficile », prévient Jean-Jacques Baboulène, le loueur cadurcien, lors de l’accueil de ses nouveaux mariniers.
Alors,
le « topo théorique » à l’ombre des arbres prépare les futurs
navigateurs aux rochers, courants, contre-courants, et autres écluses.
Comptez une heure et demie de formation avant d’être enfin lâché, seul
à bord, après le passage de la première écluse. Là, 75 kilomètres de
rivière s’offrent à vous, de Luzech, en aval, jusqu’à Larnagol, en
amont, trois écluses et 10 kilomètres au-delà du village médiéval de
Saint-Cirq-Lapopie. 150 km aller retour à effectuer en une semaine, à
un train de sénateur (6 km/h en moyenne) soit « 27 à 28 heures de
navigation », estime Jean-Jacques Baboulène. Cela laisse donc du temps
pour se promener alentour. Commençons donc par la ville de départ,
Cahors, nichée dans une boucle du Lot et préfecture du département
éponyme. Sur la partie orientale de la boucle, la ville médiévale offre
de belles balades piétonnes. On pourra par exemple suivre à la trace la
trentaine de « jardins secrets » disséminées un peu partout.
On
s’arrêtera forcément faire le plein de victuailles à la Halle, devant
laquelle se déroule le samedi matin un marché plein de saveurs et de
douceurs. N’oubliez pas de vous perdre dans les ruelles de cette ville
d’art et d’Histoire, dont 40 hectares sont sauvegardés. Entre deux
maisons à pans de bois ou en encorbellement, vous retrouverez peut-être
l’étonnante horloge à billes, la curieuse « fontaine aux chiens » qui
amusera les enfants, sans oublier d’observer le magnifique et terrible
portail nord de la cathédrale datant de 1140. Pour une vision
panoramique de Cahors prenez de la hauteur sur le Mont-Saint-Cyr. Quant
au port Bullier, au-delà de l’écluse Coty, il offre une halte nautique
à deux pas des merveilles médiévales cadurciennes.
Ah! Les
écluses! Sur le Lot, elles sont manuelles. Il vous faudra un peu
d’huile de coude pour gagner les merveilles de la vallée du Lot. «
C’est beaucoup plus sympa, assure Jean-Jacques Baboulène.
Normalement
il faut attendre un autre bateau et se donner un coup de main pour
tourner les manivelles. C’est convivial et très ludique. Il arrive
souvent que le soir, au ponton, on se lie d’amitié avec les occupants
d’un autre bateau et que l’on partage l’apéro. » Rien d’obligatoire
cependant, car le Lot est loin d’être une autoroute. « Il y a environ
50 bateaux sur cette partie navigable, moins d’un par kilomètre »,
assure Jean-Jacques Baboulène. En remontant la rivière, le paysage
devient grandiose avec des falaises blanches et ocre qui apparaissent
en amont de Cahors. On longe de charmants villages de pierres blanches
surmontés de fortifications accrochés aux falaises, où l’on s’arrête
pour l’avitaillement ou pour une halte plus prolongée. Le summum est
atteint à Saint-Cirq-Lapopie, accroché à la falaise 100 mètres au
dessus de la rivière, qui a su garder intactes ses maisons et ses rues
médiévales. C’est désormais un lieu « inspiré » pour les artistes.
Autrefois village d’artisans, essentiellement des tourneurs sur bois
fabriquant des robinets pour les barriques de vin en érable du causse,
buis et liège, il ne reste plus aujourd’hui qu’un seul de leurs
représentants, Patrick Vinel. Une pause douceur ou un snack chez Loic
Escribe, le patissier-chocolatier du village (excellent mille-feuille
au coulis de framboises…), ou un repas à l’auberge du Sombral
complètent agréablement la visite.
Pour
monter à pied au village, évitez la route. Depuis le débarcadère,
longez le moulin d’Aubrenac, passez sous le village et montez ensuite
par un petit raidillon arboré. Les plus courageux continueront jusqu’à
Bouziès, en suivant le chemin de halage de Ganil, creusé dans la
falaise une partie a été sculptée en bas-relief par un artiste
toulousain, Daniel Monnier. Près de Larnagol, le château de Cénevières
mérite lui aussi une visite. Un quart d’heure de marche, pour une
visite haute en couleur par le propriétaire des lieux, sans oublier la
vue superbe sur la rivière.
À Voir
À une douzaine de kilomètres de la rivière (prendre un taxi ou un vélo de location), les grottes de Pech-Merle, à Cabrerets, sont un site préhistorique qui mérite le détour. Réservation conseillée (limite de 700 visiteurs par jour dans la grotte). Le même billet permet de visiter la grotte et ses extraordinaires peintures rupestres, de visionner le film du musée et de visiter les expositions. Tarif: 7,50 E par adulte en haute saison Tél. : 05 65 31 27 05 - www.pechmerle.com.
À savourer
Dans le Sud-Ouest on sait vivre et se nourrir. Parmi les spécialités gastronomiques lotoises à ne pas manquer figure entre autres le rocamadour, un fromage 100 % chèvre, au lait cru, qui se déguste crémeux ou sec. Bien entendu, il se marie parfaitement avec les vins de Cahors. Ne manquez pas non plus l’agneau fermier AOC et la perle noire du Quercy, la truffe, dont le Lot est l’un des premiers producteurs. En été, vous profiterez du melon quercynois, sucré et savoureux.

