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Long courrier

Brésil, cap au Nordeste

Par Marion Tours - Photos Jean-Paul Calvet
ON CONNAIT RIO ET LES CHUTES D'IGUAÇU, on connait aussi Salvador et ses fêtes, mais le Nordeste est comme le « vrai Brésil », celui des connaisseurs… et des amoureux inconditionnel du pays.

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Entre Fortaleza et Sao Luis, le Nordeste du Brésil déploie des paysages de toute beauté. Ici, des plages de sable blanc s’étirant à perte de vue. Là, des cocotiers ondulant au rythme des alizés. Et partout, des cahutes en bois s’égrenant le long du littoral. Une région sauvage, intemporelle où  les hamacs font office de lit et où l’on chausse, à l’année, une simple paire de tongs.
Etape majeure du circuit, Jericoacoara, dit « Jeri », est un coin de paradis posé au bord de l’océan. Pour y parvenir il aura fallu plusieurs heures de bus, de 4x4 ou de buggys parmi de vastes plaines désertiques. Ici, pas de bitume ni de grandes bâtisses. Mais des ruelles ensablées, des paillotes élégantes et des pousadas ouvertes, pour les plus sélectes, sur la grève de sable fin. Un bijou d’exotisme dont la jeunesse dorée s’est emparée depuis qu’un article du Washington Post l’a érigé parmi les dix plus belles plages au monde. Désormais, l’ancien village de pêcheur voit déferler, dès la haute saison, les adeptes de surf, de farniente et de fêtes endiablés. Dire qu’il y a encore quelques année, Jéri était dépourvu d’électricité…
Moins fréquenté, le hameau de Ponta do Caburé vaut lui aussi le détour. Planté à l’extrémité des pistes cabossées du Maranhão, l’endroit est une fine bande de sable coincée entre l’Atlantique et le fleuve Preguiças. Ils sont une poignée installés, ici, à l’année, vivotant de l’artisanat et de la pêche, surtout en hiver, lorsque les rives sont les plus poissonneuses. Les éperviers égrènent alors la grève et les prises de la journée sèchent sur les toits des bicoques construites en bois et feuilles de palmier. Mais Caburé n’est, hélas, qu’un paradis éphémère. D’ici vingt ans, cet atoll disparaîtra, submergé par les flots. Les habitants le savent bien. Mais qu’importe : « Ici, tout est simple et authentique », aiment-ils répéter.
-09nord-3843.jpgIl ne faut qu’une heure de bateau pour rejoindre Barreirinhas, point de départ pour le Parc des Lençois, gigantesque mer de sable s’étirant sur des milliers d’hectares. Vu du ciel, le site donne l’illusion d’un drap blanc immaculé posé sur la forêt. Entre jeu de formes, d’ombres et de lumières, le spectacle laisse pantois. Mais c’est à la saison de pluies (entre janvier et juin) que le parc offre son visage le plus fascinant. -09nord-7065.jpgLorsque les sillons creusés parmi les dunes se transforment en une multitude de lacs verts et bleus, où l’on se baigne dès les premiers jours de l’été. Seuls au monde.



  

-09nord-8813.jpgL'ile aux buffles
Située à l’embouchure du delta de l’Amazonie, l’île de Marajo est une escale réputée avant de s’aventurer dans les tréfonds de la forêt tropicale. Les activités proposées à la ferme sont pléthoriques. En journée : balades à dos de buffle (la star locale) dont le nombre dépasserait, dit-on, celui des insulaires, estimés à 450 000. La nuit tombée, embarquement sur le Rio Camara à la découverte de la faune qui s’ébat sur les berges. Avec en tête des rencontres : toucans, caïmans, piranhas, paresseux, serpents venimeux, iguanes, ragondins et singes hurleurs. Frissons garantis…

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Se renseigner
Office brésilien du tourisme en France, 34 cours Albert 1er, 75008 Paris.
Tel. : 01-45-61-63-00, www.bresil.org et www.braziltour.com.
 
Formalités
Pas de visa nécessaire pour les ressortissants européens. Il est néanmoins impératif d’avoir un passeport en cours de validité, valable six mois après la date de retour, pour des séjours d’une durée maximale de trois mois.

Langues
La langue officielle du Pays est le portugais. L’espagnol est compris un peu partout, davantage que l’anglais.

Monnaies
Depuis 1999, la monnaie nationale est le Real (R$). Désormais, les euros et les dollars peuvent être échangés dans les bureaux de change, les agences bancaires et les hôtels agréés. Des distributeurs sont accessibles dans tout le pays et de nombreux commerces acceptent les paiements par carte bancaire. Néanmoins, hors des grandes villes, mieux prévoir des liquidités.  

Vaccins
Aucune vaccination n’est requise. Mais il est fortement recommandé de suivre un traitement antipaludéen sur l’île de Marajo.

Décalage horaire
Malgré quatre fuseaux horaires, la plupart des Etats, tel le Nordeste, adoptent l’heure officielle de Brasilia. Pour une grande partie du pays, le décalage avec la France est de – 4 heures. Et lorsque le Brésil passe à l’horaire d’été (en décembre), la différence est de 3 heures.
 
Saison idéale
Au Brésil, les saisons sont inversées par rapport à l’Europe. Sur la côte du Nordeste, proche de l’Equateur, les différences de saisons et de températures sont moins marquées avec, toutefois, des pluies plus abondantes d’avril à juin. Pendant la période sèche, de mi-mai à novembre, la température peut monter jusqu’à 38°C. Mieux vaut donc partir de septembre à mi-décembre.     
 
Y aller
BRESIL AVENTURE / BRASILANDIA, Aventure et Nature, Raid Fortaleza – Sao Luis Express, 3 jours en buggy sur les plages à partir de Fortaleza puis journée en bateau et en 4x4 et journée en quad. Prix Paris/Paris à partir de 3120 € par personne + taxes aéroport 9jours/7nuits pension complète - hôtels de charme tous les soirs.
Tél : 01 47 70 05 10. Renseignements info@bresil-aventure.com et www.bresil-aventure.com

Membre de l’association ATR (Agir pour un tourisme responsable), TERRE BRESIL décline des voyages de proximité participant au développement de la vie économique locale. Au programme : divers circuits et formules à la carte. Pour une immersion totale : Embruns du Nordeste, à partir de 3 390 €/ pers. les 12 jours (groupe de 8 à 12 pers.) vols, transferts (4x4, buggy, canots), pension complète et accompagnateur francophone inclus. Avec une extension possible, au départ de Belém, sur l’île de Marajo : à partir de 590 €/ pers. les 3 jours/ 2 nuits, activités (balades en pirogue, excursions à dos de buffle ou de cheval) et pension complète à la fazenda do Carmo inclues.
Rens. : 00-33-1-44-32-12-81, www.terre-bresil.com et info@terre-voyages.com

Se loger
-09nord-3654.jpgLe Nordeste abrite désormais de superbes pousada, façon Eco Lodge. A ne pas manquer, les villas du Rancho do Peixe et de la Vila Kalango, respectivement plantées au bord des plages de Préa et Jericoacoara. De véritables petits paradis sur pilotis ! Rens : www.ranchodopeixe.com.br et www.vilakalango.com.br.

Se restaurer
Au Nordeste, on retrouve la feijoada (haricots mijotés avec des morceaux de porc salés, de la poitrine fumé, des saucisses fumées et de la viande de bœuf boucanée), la carne de sol (viande de bœuf séchée au soleil) ou encore la marescada (plat en sauce avec poisson, moules et crevettes). Côté boissons, impossible d’échapper au Guarana (le soda national à base de la plante amazonienne éponyme) et à la fameuse caipirinha agrémentée de sucre, d’eau, de citron vert, de glaçons et de cachaça (alcool de canne à sucre).

A rapporter
Des hamacs et, bien sûr, des tongs ! Qui plus est, les très fashion Havaianas, moitié moins chères qu’en Europe. Et, sur l’île de Marajo, de très belles céramique en grès.

A lire
« Brésil », Bibliothèque du voyageur, Gallimard
« Brésil », Encyclopédies du voyage, Gallimard
« Racines du Brésil » par Sergio Buarque de Hollanda, Gallimard
« Rouge Brésil » par Jean-Christophe Rufin, Gallimard
« Court voyage équinoxial » par Sébastien Lapaque, Sabine Wespieser.