
Sultanat d'Oman, les parfums d’Orient
À
Oman, l’océan n’est jamais bien loin. Situé au sud-est de la péninsule
arabique, le pays déploie ses côtes vierges et spectaculaires sur près
de 1 700 kilomètres ouverts sur le golfe d’Oman et la mer d’Arabie.
Rien d’étonnant à ce qu’il ait été, pendant des siècles, à la croisée
des plus grandes routes maritimes. De cet illustre passé, le sultanat
nourrit encore aujourd’hui ses plus belles légendes. Celles de Marco
Polo, de la reine de Saba ou de Sindbad le marin. Mais, ici, les contes
des Mille et Une Nuits ne se cantonnent pas uniquement à la
littérature. Ils s’illustrent au quotidien, entre palais et mosquées
féeriques, épices et parfums d’encens, khanjar et turbans à l’indienne,
artisanat et courses de dromadaires, bédouins des sables et femmes
voilées aux effluves sensuelles et poudrées. Bref, loin de l’exubérance
de sa voisine Dubaï, « l’Arabie heureuse » dévoile sa douceur de vivre
sur fond de déserts, de montagnes escarpées, d’oasis luxuriantes et de
plages paradisiaques.
À peine a-t-on débarqué que Mascate, la capitale, donne le ton. Il faut chiner au souk local, suivre la corniche jusqu’à la vieille ville et rattraper, enfin, les longues plages de sable fin investies par les palmiers. Mais le joyau de Mascate reste la grande mosquée, achevée il y a peu, au printemps 2001, sous l’impulsion du sultan Qabous, figure de proue de la renaissance du Sultanat. C’est à bord d’un 4x4 dernier cri que se poursuit la découverte du pays.
Première
escale : la citadelle de Nakhal, l’un des joyaux défensifs dont
s’enorgueillit Oman depuis le XVIIe siècle. De vallées asséchées en
versants escarpés, on parvient à la ville de Nizwa, l’ancienne capitale
du pays, plantée au coeur d’une oasis luxuriante. Outre son fort
monumental, la cité abrite l’un des plus anciens souks de la contrée.
On y admire encore ses arcades, ses portes cloutées et ses échoppes
d’antan. Mais c’est le vendredi matin, lors du marché, que Nizwa offre
son spectacle le plus pittoresque, haut en couleur et plein de vitalité
: les visiteurs, venus des quatre coins de la région, y négocient leur
persil comme leur dromadaire, entre le beuglement des vaches et le
bêlement des moutons…
À quelques encablures de là, on rattrape facilement le massif du
Djebel Akhdar,où se côtoient rocs canyons et pics aiguisés comme des
couteaux. Les hameaux s’accrochent à flan de falaise, flanqué
d’innombrables terrasses plantées de roses, de vignes et d’arbres
fruitiers. La route longe désormais de vastes plaines sauvages et
caillouteuses. «Attention dromadaire !» avertit un panneau de
signalisation. Preuve que l’on approche à grands pas du désert de
Wahiba. Entre dunes et larges vallées, l’erg, parsemé çà et là de
villages bédouins, laisse éclater son orange flamboyant. On y aperçoit
les femelles dromadaires nichées au sein de clôtures sommaires. Dopées
au miel, aux herbes, aux dattes et au lait de vache, elles sont
dressées pour les courses de camélidés les plus prestigieuses de la
région. Il ne faut ensuite qu’un pas pour rejoindre le littoral et la
ville de Sour.
Face au subtil ballet de bateaux qui s’opère sans cesse
au large, on imagine les boutres en teck qui, jadis, emportaient de
l’empire maritime d’Oman soieries, porcelaine, pierres précieuses,
laque de Chine, épices des Indes, ivoire d’Afrique et parfums du golfe…
Des innombrables caravelles qui sillonnaient alors les océans, il ne
subsiste aujourd’hui qu’une poignée le plus souvent reconverties en
embarcations touristiques. Mais Sour est aussi le point de départ d’une
route côtière de toute beauté, où se succèdent de profonds wadi
(vallées verdoyantes), jalonnés de piscines naturelles aux reflets vert
émeraude et d’immenses plages de sable, vierges et immaculées. Juché au
sommet des falaises escarpées surplombant la mer, le voyageur semble
retrouver cet Orient mythique que l’on croyait à jamais confiné dans
les récits des grands aventuriers.
Le Khandjar
Véritable
emblème national, le fameux poignard recourbé est l’apanage de tous les
Omanais, notamment lors des grandes occasions et des cérémonies
officielles. Les habitants le glissent alors dans une ceinture en
argent et cuir tressé, resserrant la dishdasha (tunique traditionnelle)
à la taille. Les souks de Matrah (près de Mascate) et de Nizwa
proposent des modèles anciens et modernes, aux motifs parfois très
élaborés, dont le prix (coûteux) varie en fonction des matériaux
utilisés pour sa fabrication : or, ivoire, bois de santal, corne de
rhinocéros ou plastique.
La culture ancestrale du parfum
À
Oman, les parfums sont omniprésents. Les hommes en saupoudrent la
cordelette accrochée à leur dishdasha (habit traditionnel). Les femmes,
elles, ne quittent jamais leur fiole et marient habilement les arômes
d’encens, de myrrhe, de citron et de pétales de rose. Mais la fragrance
star reste le subtil Amouage, imaginé par un nez français et contenant
près de 120 ingrédients. Produit artisanalement puis conditionné dans
des flacons en cristal ornés d’or, prenant la forme d’une mosquée pour
les dames et d’un khanjar pour les messieurs, il est aujourd’hui l’un
des parfums les plus chers au monde.
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Se renseigner
Office de tourisme du sultanat d’OmanTél. : 01 47 20 56 06
www.omantourisme.com
Formalités
Le visa d’entrée est obligatoire: compter 25 euros environ. Quant au passeport,il doit être valable au moins six mois après la date de fin du séjour.
Décalage horaire
+ 3 heures en hiver.+ 2 heures en été.
Saison idéale
La
meilleure période s’étire de novembre à avril. Les mois les plus frais
étant décembre et janvier (de 22 à 25 °C). En revanche, entre mai et
juillet, le thermomètre peut atteindre 50 °C, avec un taux d’humidité
allant jusqu’à 90 % sur le littoral.Y aller
Qatar AiwaysTél. : 01 55 27 80 80
www.qatarairways.com
Initialement tournée vers les pays du Golfe, la compagnie dessert aujourd’hui 75 destinations en Europe, Moyen-Orient, Afrique, Inde et Asie du Sud-Est. Elle propose 7 vols hebdomadaires entre
Paris et Mascate, via Doha. Le tout en airbus A330 ou A340-600. À partir de 582 euros en Classe économique et 2 565 euros en Classe affaires (taxes d’aéroports et frais d’émissions inclus).
Les voyagistes
Sindbad VoyagesTél. : 01 43 38 19 94
www.sindbad-voyages.com
Menée tambour battant par Jalel Bouagga, fin connaisseur de la péninsule Arabique, Sindbad Voyages décline séjours à la carte. Circuit 10 jours Citadelles et oasis d’Arabie : à partir
de 2 240 euros, sur la base de 2 personnes en chambre double, vols, demi-pension et location de voiture inclus.
Sti Voyages
Tél. : 01 55 37 23 45
www.stivoyages.fr
Kuoni
Tél. : 0820 05 15 15
www.kuoni.fr
Directours
Tél. : 01 45 62 62 62
www.directours.fr
Où dormir
Le Chediwww.ghmhotels.com
Entre son lobby oriental, ses chambres à la déco minimaliste, ses grands jardins plantés de palmiers et ses braseros illuminant les bassins à la nuit tombée, on baigne dans le raffinement.
Le Shangri-La
www.shangri-la.com
Perché sur des falaises surplombant la mer, le dernier-né des grands hôtels de luxe de Mascate cultive les codes traditionnels de l’architecture locale avec un sens aigu de la modernité.
Où manger
De l’échoppe chinoise, libanaise ou indienne, où l’on mange sur le pouce, à l’établissement sélect, le visiteur a l’embarras du choix. à ne pas manquer, les restaurants omanais où l’on découvre l’art rocambolesque et pas si facile de déjeuner par terre et avec ses doigts.À voir
La grande mosquée Sultan Qabous, à Mascate. Pour son minaret de 91 mètres mais aussi pour sa superbe salle des prières, agrémentée d’un tapis persan réalisé à la main et composé d’une seule pièce et d’un lustre monumental constitué de 1 200 lampes réparties sur 8 mètres de diamètre et 14 mètres de hauteur ! Le plus grand lieu de culte du pays.Guides de Voyage
Guide d’Oman. Parfums d’Arabie, Jalel Bouagga,
éd. Picollec, 31 euros.
Oman, Bibliothèque du Voyageur,
éd. Gallimard, 27,50 euros.
Oman, éd. Le Petit Futé, 16 euros.

