Vous avez peut-être déjà vu les publicités annonçant la sortie dès le 5 février 2020 d’un documentaire intitulé “Aquarela, L’Odyssée de l’eau” dans un certain nombre de salles parisienne. Vous l’ignorez sûrement mais celui-ci est l’œuvre du réalisateur russe Victor Kossakovsky. Il a fait le choix de donner le premier rôle, à un acteur souvent peu mis en avant mais indispensable à la survie humaine, l’eau. Durant 89 minutes, le spectateur découvre l’élément liquide sous ses formes les plus variées et diverses. L’eau s’y montre aussi bien bénéfique que destructrice. Les images incroyables de ce documentaire proviennent de six pays (Écosse, Groenland, Venezuela, Portugal, États-Unis et évidemment de Russie). Le documentaire retranscrit parfaitement l’âme russe. Il débute d’ailleurs sur les rives du lac Baïkal en Russie.

Pas de voix “off”

Dès la conception de ce documentaire sur la Russie, le réalisateur a fait le choix de plonger le spectateur dans une atmosphère intime. Celle-ci doit lui permettre de ressentir l’ensemble des émotions provoquées par le contact avec l’eau. Ainsi, celui-ci débute sur la fonte de la glace recouvrant le lac Baïkal situé en Sibérie et le désarroi ressenti par les conducteurs devenus prisonniers.

La beauté et la richesse du cadre ambiant permet de se passer de la présence d’un narrateur laissant ainsi une liberté totale au spectateur et plaçant exclusivement l’eau au centre de l’attention. Ce documentaire s’inscrit donc dans la lignée des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma en Russie.

Des exigences techniques fortes

D’un point de vue technique, Aquarela a été tourné avec des caméras produisant 96 images par seconde. Ce choix donne presque vie à la moindre gouttelette d’eau présente à l’écran. De plus, les équipes de tournage ont pris certains risques pour immerger encore plus le spectateur. Une scène symbolise particulièrement ce fait. C’est même probablement l’une des plus emblématiques du documentaire. C’est évidemment la scène avec les deux skippers affrontant la terrible tempête en mer qui est évoquée ici. Si, même dans ce cas, les images restent belles, elles laissent également transparaître toute la force et même la violence qu’est en mesure de produire la Nature, et plus particulièrement encore les océans.

Ce film russe dispose également d’un autre atout avec son incroyable bande son. Elle a été créée sur mesure par un membre du groupe Apocalyptica à savoir le compositeur et violoncelliste finlandais Eicca Toppinen. Il n’a surtout pas été choisi au hasard. En effet, la liste des possibles prétendants comptait au départ pas moins de 2 000 noms !

En savoir un peu plus sur le réalisateur

Victor Kossakovsky a vu le jour dans la ville de Saint-Pétersbourg le 19 juillet 1961. Diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de scénaristes et réalisateurs, la plus prestigieuse école de ce type de Moscou, il a commencé sa carrière en participant à des documentaires comme assistant cameraman. En 1994, après s’être forgé une solide expérience, il évoluera naturellement vers un poste de réalisateur et continuera de travailler sur le format documentaire tout en s’intéressant de près aux longs métrages. Ainsi, l’une de ses créations les plus appréciées reste le film “¡Vivan las Antipodas!” sorti en 2011. Aquarela semble suivre un chemin identique puisqu’il a fait partie des sélections 2019 pour le Sundance Festival et la célèbre Mostra de Venise.